Concept distribution alimentaire Carrefour City, le grand retour du groupe au cœur des villes
Initiée en Espagne, au tournant de 2005 et 2006, la politique de convergence de marques du groupe Carrefour trouve son expression sans doute la mieux aboutie avec ce concept de centre-ville.
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À quoi reconnaît-on un
concept gagnant? Au
sourire qui barre le
visage de l’homme qui
le pilote. À un autre détail, aussi :
sa volubilité quand il s’agit d’égrener
quelques chiffres, d’ordinaire
si jalousement gardés secrets.
Gérard Dorey –c’est de lui dont
il s’agit– est l’heureux directeur
de la proximité chez Carrefour. Il
ne se lasse pas de parler de Carrefour
City, indissociable à ses yeux,
de son petit frère, Carrefour
Contact. «Nos magasins aux nouvelles
enseignes réalisent des chiffres
d’affaires de 2 à 10 millions
d’euros, soit entre 6 000 et 18 000 €
au mètre carré », témoigne-t-il.
Certes, l’écart est large, mais la
comparaison avec les performances
des hypers Carrefour, annoncées
à 9660 €/m² par le cabinet
de conseil KSA, dans sa dernière
étude sur la grande distribution
alimentaire, donne toute la mesure
de la réussite du concept.
Plus 28% de ventes
«Si l’on considère 22 magasins
parfaitement comparables, le passage
à Carrefour City ou à Carrefour
Contact a permis de faire
progresser les ventes de 28 % en
moyenne, mois d’ouverture exclus
», assure Gérard Dorey. De
quoi comprendre l’engouement
suscité par ces deux enseignes
auprès des franchisés Shopi, 8 à
Huit ou Marché Plus. «Il y a des
critères d’éligibilité, énumère, radieux,
Gérard Dorey. Le respect
du pricing, d’abord. Mais aussi
la tenue du magasin, le chiffre
d’affaires au mètre carré, ou la
capacité à assurer les services que
nous demandons, comme le respect
des larges amplitudes horaires.
» En clair, l’enseigne Carrefour
se mérite. À date, il y a 30 Carrefour
Contact et 19 Carrefour City.
Il y aura 65 points de vente au
nom de Carrefour dans les petites
villes et les grands centres urbains,
d’ici à décembre. Sans doute au
moins 90 à la fin du premier trimestre
2010. Et ce en dépit du
coût du transfert d’enseigne, estimé
«entre 70 000 et 100 000 €,
rien que pour la “cosmétique’ du
concept », avec, tout de même,
une participation de Carrefour,
via une allocation versée en fonction,
notamment, de la surface.
Deux modèles de magasins
En effet, le concept est novateur,
organisé autour de deux grandes
zones: «Pour maintenant», avec
espace «mange-tout», rayon fruits,
légumes et autres produits de snacking,
en entrée de magasin; et
«Pour après », avec les PGC classiques,
en arrière. La répartition
des surfaces, entre ces deux parties,
est savamment étudiée, en
fonction des modèles de consommation
déterminés. Il y a donc
en réalité deux types de Carrefour
City: magasin de «convenance»
dans les zones de flux, ou magasin
«de quartier» dans les zones
plus résidentielles. Le tout signant
le grand retour –gagnant– de Carrefour
au coeur des villes.
Jean-Noël Caussil
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