Personnalité de l'année (industriel)
Casting réussi pour les boissons d’Orangina Schweppes France
À la tête du groupe de boissons aux fruits depuis 2006, Patrick Mispolet a trouvé la recette pour relancer «des marques en or». La réussite est éclatante: le groupe est en progression constante.
La tâche était compliquée,
mais Patrick Mispolet l’a
menée avec brio. En trois
ans et demi, le président
a su remettre Orangina Schweppes
France sur les rails. En poste
depuis 2006, date de la reprise
du groupe moribond par les fonds
Blackstone et Lion Capital, il a
d’emblée obtenu la reprise en main
des opérations par les équipes
françaises. Une liberté de mouvement,
en lieu et place de directives
de l’international, doublée
d’un nouvel état d’esprit et d’une
prise de risque contrôlée.
«Un travail de fond
sur les marques»
«Certains produits ne tournaient
pas. On a arrêté de les commercialiser,
au risque de perdre du
linéaire et d’accentuer une tendance
à la baisse », explique le
président. Ce choix a été payant,
avec un recentrage et des propositions
plus simples qui ont fait
mouche sur Orangina, Oasis,
Schweppes et les autres marques,
appuyées par de fortes campagnes
de communication.
Depuis sa nomination, ce diplômé
de l’école de Management de
Lyon et de l’Insead a permis une
progression constante des ventes
du groupe (à deux chiffres depuis
2008). «Nous avons réalisé un
travail de fond sur les marques.
Il faut assumer leur personnalité »,
indique le président de 51 ans,
rodé aux grandes marques depuis
ses passages successifs chez RJR
Nabisco, Spontex, Kimberly Clark
et plus récemment Allied Domecq
France, dont il a multiplié les ventes
par trois.
Aujourd’hui, Patrick Mispolet se
félicite d’avoir des équipes fortes
«qui bossent bien ensemble ».
Après une année d’adaptation et
50 % de turnover au niveau du
management, la stabilité a permis
de plancher sur les sujets qui
fâchent. «Il y a quatre ans, dès
qu’il faisait chaud, nous n’arrivions
plus à livrer. On a travaillé
sur la “supply chain” et sur d’autres
choses: les finances, pour améliorer
la lisibilité du business, et
les ressources humaines, pour
former les équipes et développer
leur mentalité d’entrepreneur.»
Des ambitions à l’étranger
Le redressement d’Orangina
Schweppes a tapé dans l’oeil du
japonais Suntory, nouveau propriétaire
du groupe depuis quelques
jours. Cette reprise intervient
comme une satisfaction personnelle
pour Patrick Mispolet, heureux
qu’un industriel reprenne
les commandes, avec beaucoup
d’ambitions à l’international.
«Suntory a l’intelligence de ne
pas vouloir changer les choses.
Nous garderons le même niveau
d’autonomie, mais nous gagneront
en moyens. » Le PDG reste
en place avec un challenge :
«Conserver le même rythme. »
On voit mal Suntory chambouler
une équipe qui gagne…
Morgan Leclerc
|