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Il porte haut les couleurs des U

Sous la férule de Serge Papin, son président depuis bientôt cinq ans, le groupe Système U a gagné 0,4 point de part de marché, pour atteindre la barre des 9%.

Serge Papin

« Les plateaux de télévision? Il n’y a plus guère que ceux de Ruquier ou d’Ardisson où je ne suis pas allé.» On percevrait presque un regret dans la voix. Sentiment confirmé quand, dans la foulée, au pupitre des 37es Journées de l’IFM, où il intervient en ce 24 novembre, il ajoute, désarmant de sincérité, «pour une bonne raison… ils ne m’ont jamais invité». Assurément, Serge Papin, 55 ans l’année prochaine, sémillant président de Système U depuis 2005, se plaît à plonger dans le grand cirque médiatique. Avec succès, d’ailleurs. Pensez donc: un portrait, rien que sur lui, et plutôt dithyrambique, paru dans le Monde, en avril. Sur lui, et sur Système U. L’ajout est important. Si Serge Papin a été choisi pour succéder à Jean-Claude Jaunait, il y a bientôt cinq ans, c’est aussi et surtout pour porter le groupement des Nouveaux Commerçants vers le haut. Mission accomplie. Et pas que dans les médias.

Courbes ascendantes

À son arrivée à la présidence, Système U n’avait pas franchi les 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires, carburants compris. Il va dépasser, cette année, les 18 milliards. La part de marché suit la même courbe. À peine plus de 8 % en 2005, déjà 9 % en cumul annuel mobile, arrêté au 1er novembre. En attendant mieux pour 2010. «Nous allons encore gagner 0,3 à 0,4 point», assuret- il, confiant, avec, bien en vue, la barre des 10 %, qui n’a plus rien d’inatteignable.

Développement et modernité

Son année 2009 a été bien remplie. Certes, la Corse a été perdue, emportée par Leclerc, mais son groupement a gagné la bataille de Normandie, en ralliant à lui Coop de Normandie. Un joli débarquement en Provence est à noter, également, grâce au partenariat noué avec Le Mistral, qui apporte à Système U la bagatelle de 240 magasins de proximité dans le sud du pays. Sans parler d’un nouveau logo, tout en rondeurs, de la renaissance d’Utile, aux dépens de Marché U, du déploiement du concept du Drive, qui comptera 250 unités d’ici à la fin de l’année, ou du relooking des produits premiers prix Bien Vu, du lancement de U d’Alsace, une gamme de MDD «terroir », et du développement accéléré de U Bio.
Système U, sous la houlette de Serge Papin, tout jeune (re)marié depuis cet été et bientôt de nouveau père (il a déjà deux grandes filles), sait se remettre en question. Une qualité jamais superflue même si, pour la neuvième année consécutive, Super U est encore une fois désignée comme l’enseigne de supermarchés préférée des Français, selon une étude Sofres.

Jean-Noël Caussil


Personnalité de l'année (distributeur)

Denis Dumont, «serial entrepreneur» du frais

Grand Frais, le concept imaginé par Denis Dumont spécialisé dans les produits frais, est érigé comme modèle par la plupart des distributeurs français.

Grand Frais, le concept de Denis Dumont

«Il ne se passe pas une semaine sans que je n’aille voir ce qu’il se passe chez Grand Frais.» L’aveu, plein d’admiration, vient de Pierre Bouriez, directeur général de Cora. Il n’est pas le seul. L’enseigne lyonnaise Grand Frais, presque vingt ans d’existence, inspire nombre de distributeurs, y compris à l’étranger, comme Marks & Spencer. Beaucoup (Carrefour, Leclerc avec Leclerc Frais, Casino avec le Marché) l’ont copiée, sans obtenir toujours le succès escompté. Bref, Grand Frais ne recueille que des éloges et suscite les convoitises. Quelques enseignes alimentaires rêveraient de racheter l’affaire de Denis Dumont.

Modèle économique inédit

Denis Dumont? Le créateur de Grand Frais partage, avec celui d’Auchan, la même origine –le nord de la France– et le même goût de la discrétion. Il n’a pas souhaité répondre à nos questions, ni donner de photos, ni même venir chercher le prix de la personnalité de la distribution de l’année décerné par LSA. «C’est un “serial entrepreneur”, un excellent professionnel de la distribution alimentaire. Il est charismatique auprès de ses partenaires financiers ou des producteurs. » En le décrivant ainsi, Olivier Le Gall, associé en charge des biens de consommation chez 3i, fonds d’investissement actionnaire (à 20 %) de Grand Frais de 2003 à 2007, fait allusion «à d’autres participations dans des entreprises de distribution alimentaire», des détaillants en fruits et légumes par exemple.

L’originalité de Grand Frais repose sur un assortiment frais (fruits et légumes, boucherie-charcuterie, crémerie) plus large et de meilleure qualité que dans n’importe quelle grande surface, et sur un modèle économique inédit. Denis Dumont s’appuie sur des grossistes pour gérer la boucherie et la crémerie. Un bon système pour motiver les troupes. Pour bien connaître le reste –à l’origine, il était marchand d’endives –, le patron maîtrise en direct les achats des fruits et légumes. «Son principal atout est d’avoir des approvisionnements locaux diversifiés», indique Olivier Le Gall.

Année après année, Prosol Gestion, société qui exploite Grand Frais, rachète des petits commerces, notamment des primeurs à la recherche de repreneurs. Ce qui facilite ensuite l’implantation locale de Grand Frais. Depuis le retrait de 3i, qui se frotte encore les mains de son opération –en quatre ans, le taux de retour sur investissement a atteint 20 %–, Grand Frais vole de ses propres ailes. Denis Dumont poursuit allègrement la croissance. Il compte déployer à grande échelle son parc (une centaine de magasins aujourd’hui) et doubler son chiffre d’affaires (environ 300 millions d’euros).

Magali Picard

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